Une initiative aussi audacieuse et originale que celle du président salvadorien Nayib Bukele ne laisse personne indifférent. Que le BTC ait été accepté au Salvador comme la monnaie nationale – avec le dollar – a en effet quelque chose d’innovant.
Encensé par les uns, décrié par les autres, Nayib Bukele, du fait de sa décision, suscite des réactions dans le monde entier. Y compris celle des spécialistes du milieu des cryptomonnaies tel que Vitalik Buterin, président et fondateur d’Ethereum. Celui-ci, en effet, se sera récemment laissé aller à quelques critiques entourant l’exemple du Salvador.

La loi Bitcoin au Salvador

En plus de l’entrée en application du Bitcoin comme moyen de paiement légal au Salvador, son introduction a été entourée d’une loi votée au parlement, aussi référée en tant que loi Bitcoin. Celle-ci préconise en effet de nombreuses applications entourant la cryptomonnaie comme monnaie nationale.

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Certains articles de cette loi, toutefois, auront été abondamment décriés. L’un deux en particulier, l’article 7 qui spécifie que dès lors où un contractant souhaiterait effectuer sa transaction à l’aide du BTC, le cocontractant serait tenu d’accepter. Le BTC ayant en effet un cours officiel dans le pays, il n’est alors pas possible de renoncer à recueillir un paiement ou effectuer un versement en Bitcoins.

Dans un pays où la monnaie nationale est facilement utilisable et compréhensible, cette application va de soi. Toutefois, compte tenu de la complexité que recouvre le BTC et le milieu de la blockchain en général, cette disposition se veut problématique. En atteste la réticence de la majorité des Salvadoriens à y avoir recours.

Les fondements de la critique de Vitalik Buterin concernant la loi Bitcoin

En tant que président de la deuxième plus grosse société de cryptomonnaies au monde, les réserves proférées par Vitalik Buterin sur Reddit ne sont pas tombées dans l’oreille d’un sourd. Celui-ci dénonce en effet une initiative inconséquente du président salvadorien.

Le fondateur d’Ethereum estime en effet qu’avoir recours à la contrainte pour utiliser des cryptomonnaies contrevient au principe même des cryptomonnaies. Qui plus est, obliger une population à faire usage de cryptomonnaies alors que celle-ci n’est pas instruite aux modalités de leur utilisation se veut un non-sens.

En effet, au Salvador, de très nombreux citoyens, notamment les plus âgés, se sentent laissés pour compte du fait de leur incapacité à faire usage correctement d’une monnaie à laquelle ils n’ont jamais été préparés.

Une rancœur derrière la critique de Vitalik Buterin ?

Bien que les arguments rapportés par Vitalik Buterin soient parfaitement motivés par son auteur, il n’est cependant pas exclus que ceux-ci soient justifiés par d’autres paramètres. En effet, en reconnaissant le BTC comme monnaie nationale plutôt qu’aucune autre cryptomonnaie, le président salvadorien, alors, a de ce fait marginalisé l’ETH entre autres cryptomonnaies concurrentes du Bitcoin.

On peut spéculer sur le fait que le fondateur d’Ethereum ne souhaite pas que l’exemple salvadorien réussisse. Car le cas échéant, d’autres pays de par le monde pourraient alors l’imiter, privilégiant alors le BTC à l’ETH partout dans le monde.

Toutefois, les critiques de Vitalik Buterin demeurent on ne peut plus pertinentes. La situation au Salvador en atteste alors qu’une partie de la population refuse d’avoir recours aux cryptomonnaies en guise de moyen de paiement.

Crédit Photo : "Vitalik Buterin (Ethereum), North American Bitcoin Conference in Miami (Jan 2014)" by Marc van der Chijs is licensed under CC BY-ND 2.0